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Montagn'Hard 60 - le 06 juillet 2013

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Montagn'Hard 60 - le 06 juillet 2013

Message  Matthieu le Jeu 11 Juil 2013, 17:35



Nous voici enfin en été, on y croirait, ça fait bientôt 2 jours qu’il fait beau et chaud et que les shorts + tongs sont de sortie (les jupes + décolletés aussi ce qui ne gâche pas le tableau). Nous sommes en Savoie, à Saint Nicolas de Véroce et ce matin je prends le départ de mon premier trail long de 2013. Je vais m’élancer sur quelques 60 kilomètres et 5000m de dénivelé positif et j’en suis bien content même si j’aurais souhaité aborder cette épreuve un peu plus sereinement…
Bon allez on rembobine un peu pour comprendre un peu mieux tout ça.

Cette épreuve est en fait organisée par des amis d’amis rencontrés lors d’un barbecue et qui m’ont plusieurs fois taquiné en me disant de venir faire un vrai trail de montagne, à savoir le leur. Ayant de plus quelques connaissances qui avaient déjà effectué le parcours et m’étant déjà promener dans ces magnifiques paysages lors d’une randonnée autour du Mont Blanc avec l’ami Benoit 3 ans auparavant, l’idée commençait à germer dans mon esprit de m’aligner sur cette épreuve. Il aura suffit de lire les différents avis sur ce trail trouvés un peu partout sur le net et d’en parler autour de moi à d’autres baroudeurs pour me convaincre.
Tous sont unanimes : C’est une course grandiose à faire absolument !!!

Une fois la décision prise, il me fallait choisir la distance entre le 39, le 60 ou le 105.
Ce sera pour moi le 60 car je veux au moins faire une course un peu longue avant la fin de l’été qui me verra participer à un trail de 135km.
J’arrive à motiver et à emmener avec moi un peu de monde pour ce we montagnard puisque outre les Jean-Yves, Pierre, Lydie et Gilles qui étaient partants de toute façon, se sont greffés Mathilde, Manu, et Alexandre qui viennent pour deux d’entre eux découvrir les trails alpins.
Côté forme, tout allait parfaitement pour moi jusqu’à il y a 15 jours. En effet, depuis 2 semaines je suis victime d’un gros coup de fatigue et je n’arrive pas à récupérer. Je soupçonne pour être franc un léger surentrainement et je suis pour le moins inquiet de ce que mon corps va pouvoir fournir comme effort. J’ai toujours également la cheville droite enflée suite à mon entorse et même si celle-ci ne me fait absolument pas souffrir, je ressens parfois une petite gène en début de sortie.
Malgré tout, j’avais coché cette date dans mon calendrier et j’aimerais finir dans le top 5 de cette course.



La veille nous avons participé à une grande pasta party et je retrouve du coup bon nombre de têtes connues avant ce départ. Le temps de vérifier la puce et je me place en première ligne aux côtés d’Aurélien, un pote francilien qui s’entraîne tout comme moi en forêt de Montmorency.



Quelques dernières consignes de la part de l’organisation sur le suivi du balisage et surtout sur le soin tout particulier à apporter à notre hydratation vu les chaleurs et le soleil qui vont nous accompagner toute la journée et nous sommes prêts à en découdre.



Le départ est donné à 7h00 et il fait déjà chaud.
Nous nous élançons très calmement dans les rues de St. Nicolas car si le départ se fait en légère descente, nous quitterons la route pour attaquer au bout de 400m un vrai coup de cul puis une montée assez régulière sur 400m de D+.



C’est le début de la course et les jambes ont l’air en forme malgré mes craintes. Ceci dit, je m’attends plutôt à souffrir au bout de 2 ou 3h de course que maintenant donc autant en profiter.
Assez vite, je vais me retrouver avec la tête de course mais sans me soucier du tout des autres coureurs.
Je veux faire mon rythme sur cette première côte et on verra une fois là haut comment gérer (ou subir) la course…



Un coureur prend déjà le large, c’est Nicolas Mermoud, il a décidé comme moi de faire toute cette première montée en courant mais il la fait à un rythme que je trouve bien élevé pour un début de 60km…
Je jette un œil derrière moi et mis à part 3 ou 4 coureurs dont Aurélien, l’écart semble déjà se creuser. Nous en sommes au tout début d’épreuve mais je ne peux m’empêcher de me dire que c’est plutôt bon signe pour le classement puisque je monte sans forcer et que je prends tout de même de l’avance.

Déjà, nous basculons dans la première descente, c’est une piste large et assez roulante, j’hésite 5 secondes à hausser le rythme pour faire route commune avec l’échappé du jour mais me ravise très vite, je vais plutôt rester cool et attendre que ça revienne de derrière.
Malgré cette décision, personne ne rentre et je me résigne déjà à faire la quasi-totalité de ce trail seul.

La seconde montée est un peu comme la première à la différence près qu’à partir d’ici, nous avons le droit d’utiliser les bâtons qui devaient jusqu’à ce moment rester attachés aux sacs. J’ai décidé de continuer à courir donc pas besoin de sortir ceux-ci mais j’entends le bruit de mes poursuivants quelques lacets derrière moi. Le temps d’une pause vidange et j’aperçois Aurélien qui s’est mis en route, je le sais particulièrement fort en ce moment et suis surpris de le devancer (ça ne durera d’ailleurs pas) mais alors que j’aimerais l’attendre pour faire un bout de chemin, je vois qu’il emmène avec lui deux autres coureurs, je garde du coup mon rythme et bascule seul vers le premier ravitaillement du parcours au kilomètre 13.

Un plein de bidon, un abricot sec et ça repart sur une portion assez roulante en faux-plat montant. Très rapidement, Aurélien me rattrape, on prend le temps de faire une petite vidéo en marchant, on discute puis il mène sur un tempo que je trouve très élevé. Je décide tout de même de m’accrocher un peu car si j’ai bien compris (et je m’en doutais déjà la veille) que je ne pourrais pas le suivre longtemps, le rythme qu’il m’impose m’oblige à me faire un peu violence et doit normalement me permettre de creuser un vrai écart avec nos poursuivants. De plus, je sais qu’à cette allure on ne perd plus de terrain sur la tête de course et que je serais là si le meneur avait un coup de moins bien.
Je dois tout de même laisser partir ce petit bonhomme sous peine d’exploser très vite et au bout d’à peine 2 ou 3 km partagés, je le vois s’éloigner inexorablement, l’apercevant juste de temps en temps dans les côtes quelques lacets au dessus.
J’ai sorti les bâtons pour cette fin de montée et j’avance régulièrement, commençant à doubler des coureurs du 100km partis pourtant 2 heures plus tôt.
Sur le sentier en balcon qui nous mène à celui-ci, on profite pleinement d’une vue grandiose sur toute la vallée de Chamonix et sur le Mont Blanc. Le soleil, duquel nous étions plus ou moins abrités pendant cette ascension, est désormais bien présent et il ne nous quittera plus de la course, promettant des instants bine compliqués pour ceux qui le supporterait mal ou oublierait de s’asperger régulièrement avec l’eau des torrents rencontrés.




S’en suit un sentier tout d’abord légèrement vallonné puis une descente assez peu technique vers le ravitaillement de Bionnassay.

J’ai la surprise de voir Aurélien en repartir au moment ou j’y arrive, c’est donc que la tête de course n’est pour l’instant pas si loin et que j’ai du bien avancer dans la descente mais je sais qu’ensuite c’est la montée du col du Tricot et je commence à ressentir de la fatigue. Il va falloir gérer tranquillement pour ne pas se griller.
Je tourne donc le bouton pour me mettre en mode « économique », les coureurs du 100 kms sont nombreux sur le passage mais chacun d’entre eux sert en fait de point de repère pour estimer ma vitesse de progression. De plus, ça me permet de discuter un peu (bah oui j’aime toujours ça…) et de ne pas trop voir le temps passer.
Une petite descente technique nous mène sur la passerelle de Bionnassay et derrière, c’est la « vraie » montée vers le Tricot. Je connais ces passages pour les avoirs faits en randonnée et je sais que les pourcentages ne sont pas trop violents mais je n’ai pas de jus. En fait je paye sur cette côte les efforts consentis en début de course mais je ne m’inquiète pas, je commence à être habitué aux trails longs et je sais qu’en prenant le temps ça va passer surtout que je ne ressens à contrario aucune fatigue musculaire anormale.
Bien que confiant, cette montée est longue et je peine à doubler les concurrents du 100 km ce qui est plutôt mauvais signe car mon rythme devrait être bien supérieur au leur... Je me demande même à un moment (comme quoi on peut vraiment avoir des idées curieuses) s’il n’y a pas un complot général pour me saper le moral dont le mot d’ordre serait : « Dès que vous voyez le grand mec en Lafuma avec son dossard 60km, vous accélérer un petit coup pour lui faire croire qu’il n’avance pas et si vous bossez bien, on vous gratifie de 5’ de bonus au prochain pointage ».
Mais bon toutes ces idées saugrenues ne sont que tergiversations d’un mec dont le volume capillaire pourtant non négligeable ne suffit pas à protéger du soleil…

Enfin, voici le col, la vue est superbe, aiguille et glacier de Bionnassay, dômes de Miage, Truc (où nous passerons un peu plus tard), vue sur le ravitaillement n°3 à Miage qui marquera la séparation des parcours du 39 et des 60/100.



Par contre, aussi superbe cette vue soit-elle, aussi terrible est la descente.
Du coup je prends mon temps et finis celle-ci avec Clément (croisé sur plusieurs courses) qui gère tranquillement son 100km et que je rattrape un peu avant la fin.

Comme d’habitude (c’est devenu un reflexe en fait), je fais le plein des bidons (surtout que le bidon « eau » sert en bonne partie à m’asperger le visage) et je repars pour la suite sachant que j’ai désormais parcouru plus de 50% de la distance et du dénivelé.
Une petite montée pour passer devant les chalets du Truc puis une grande descente bien roulante où il serait aisé de se laisser griser et d’allonger la foulée. Seulement moi, en tant que Bourguignon bien têtu, j’ai décider de ne plus penser à la tête de course et de juste faire calmement en gardant du jus dès fois qu’un malotru ose revenir de derrière…
Et bien dès fois, ce mode têtu ne me fait pas faire que des bêtises, car en bas de cette descente, ça tourne sur la gauche et là, c’est une pente à 30% qui s’offre à nous. Tous les traileurs autour de moi sont scotchés à la pente mais moi je me sens plutôt bien. Je me mets en marche rapide avec bâtons et enquille sans trop réfléchir, doublant énormément de coureurs sur les portions bien raides.

A un moment, je veux m’arroser à une petite fontaine et j’y croise un coureur qui m’explique comment ouvrir l’eau. Je m’arrose un coup et c’est uniquement en relevant la tête que je réalise : « Mais c’est le mec parti seul en tête qui est là !!! » En fait je ne l’avais absolument pas reconnu (à ma décharge je ne l’avais vu que de dos) mais le voir comme ça à peine 100m devant moi me motive un coup. Il a du faire l’erreur de suivre ou de fuir Aurélien un peu trop longtemps et il le paye cash. Du coup je suis remotivé, un bel effet « coup de fouet », au lieu de gérer une 3ème place, je vais gérer la seconde, ça me va plutôt bien.
Je me remets à trottiner dans les portions moins pentues et double puis m’éloigne très rapidement ce concurrent pour ne pas rester en ligne de mire (bon ceci dit, il était complètement cuit et ne risquait pas de s’accrocher).
Je me dis même à un moment que je devrais garder un peu de rythme car personne n’est à l’abri et que même Aurélien pourrait être victime d’un vrai coup de mou par cette chaleur (oui bah quoi on peut rêver dès fois).

De mon côté, tout va bien, je garde un tempo très correct et commence à penser au prochain pointage à Tré la Tête où je sais que Le Bagnard et Jay vont m’encourager (en fait je sais surtout que Jay m’a parlé de fûts de bières et je me dis qu’une pression fraîche ne me ferait pas de mal).
Cette montée est longue mais peu difficile et le dernier chemin en crête vers le refuge se cours assez facilement malgré son côté un peu technique.



J’arrive enfin au refuge, il fait vraiment super chaud et je me trempe toute la tête dans l’eau avant de profiter de la bière que me tend le Bagnard. Je sais qu’il ne me reste plus qu’une seule montée pour finir et ça me va très bien comme cela.




Le début de la descente vers les Contamines est vraiment technique et même si je cours tout du long, je n’avance pas très vite. En plus, je commence à avoir doublé une grosse partie des coureurs du long et j’ai de moins en moins de cibles à courser pour me motiver.
Ajouter au fait que je sais que c’est loin derrière moi, aucune raison de se presser et de se fusiller les jambes ici. Pas plus d’ailleurs que sur la portion entre Notre Dame de la Gorge et les Contamines pourtant bien plus roulante que je vais faire à une toute petite allure.
Peu avant ce dernier ravitaillement, je croise Alice qui m’encourage puis Daniel qui m’accompagne et me renseigne des écarts enregistrés à Tré la Tête. Je sais donc que j’avais 18’ d’avance sur le 3ème. Bon j’ai glandouillé la descente mais j’estime qu’il m’en reste bien 10 ici et il ne reste en gros qu’une montée à passer alors que je ne ressens aucun coup de mou. Je serais donc 2ème à l’arrivée, c’est une certitude et ça me convient très bien.
Le temps de poser pour une photo et on repart à l’assaut de ces derniers 800m de D+ qu’on m’annonce très raides.



Sur cette montée, énormément de coureurs du 100 sont à l’arrêt, pourtant on parle de gars et de filles qui sont dans les 30 premiers de la course et je suis assez surpris.
Mais c’est vrai que la côte est vraiment raide, tant mieux pour moi, on prendra les 800m plus vite mais ce n’est vraiment pas le moment d’avoir un coup de mou. J’ai tout de même une petite alerte à mi pente avec un mollet qui se contracte un peu fort sur quelques foulées mais ça passe aussi vite que c’est arrivé.

Un léger replat me fait croire être en haut et j’allonge la foulée en croyant n’avoir pus qu’à descendre mais c’était une blague des organisateurs, on tourne et on remonte sur une piste 4x4 pour aller chercher la bifurcation qui nous ramènera à St Nicolas. Je pense à ce moment là à une erreur de balisage voir à la non présence d’un bénévole à ce croisement et Aurélien m’avouera qu’il a eu la même réflexion et a même téléphoné à Olivier pour vérifier le parcours tant il avait lui aussi envie de grimper ces mètres supplémentaires…

Qu’à cela ne tienne, on approche du but et on enquille ces 3 ou 4 extrêmement longs virages pour pointer à la bifurcation. Ceux du 100 continuent sur la gauche vers le Mont Joly et nous partons à droite vers l’arrivée.
Cette dernière descente est vraiment raide sur le début mais pas du tout technique et je me laisse glisser doucement vers ce podium promis finalement depuis les premiers hectomètres de la course.

A 500m de la ligne, je hèle un coureur du 39 (nous venons de faire la jonction pour la toute fin de parcours) en lui demandant de se pousser pour que je passe car il n’avance vraiment pas vite (moins que moi à ce moment là il fallait le faire). Il s’écarte gentiment et je l’entends d’un coup m’appeler par mon prénom ????????
Je me retourne tout surpris et découvre que ce beau coureur svelte à la foulée aérienne que je viens de passer n’est autre que Jean-Yves qui en termine de son parcours. On aurait voulu le faire que ça aurait été impossible mais on profite du coup de cette coïncidence pour aller franchir la ligne d’arrivée ensemble, chose qui ne nous était jamais arrivé !!!

Je retrouve sur cette ligne Aurélien qui m’attendais, Pierre et Alex qui ont fini leur 39 puis nous sommes rejoins par Manu qui a l’air d’en avoir bien bavé puis Gilles, Mathilde, Lydie.



Tout le monde est allé au bout et c’est bien là l’essentiel.

Le temps d’une douche, de quelques bières du Mont Blanc et c’est l’heure du podium avec une place de 2ème derrière un Aurélien absolument intouchable ce samedi. Même en pleine forme et en forçant jusqu’au bout j’aurais été bien incapable de le suivre sur cette course. Je suis du coup très satisfait de ma gestion de course surtout que le 3ème fini en fait à 30’ derrière, j’avais donc bien raison de ne pas m’affoler.



Pour conclure, je dirais que c’est une épreuve qui gagne vraiment à être connue et courue.
L’organisation est parfaite, les bénévoles adorables, le balisage exemplaire (et ça fait vraiment du bien de ne pas stresser pour ça), les paysages sublimes, le soleil bien présent et la bière exquise.
Il est fort possible qu’elle fasse à nouveau parti de mon calendrier l’an prochain mais rien de certain tant j’aime découvrir de nouveaux coins pour crapahuter.



(un merci aux différents photographes à qui j'ai piqué une partie des clichés si il se reconnaissent)
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Re: Montagn'Hard 60 - le 06 juillet 2013

Message  ThierryF le Jeu 11 Juil 2013, 21:47

Bien Mathieu ! encore une fois , tu nous as vraiment vivre ta course ! c 'est sympas ! et un podium de plus !
Félicitations à toi et à tous les coureurs de running-evasion 95 présents sur cette course !
THIERRY .
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